Un magazine au format A6 pour pouvoir rentrer dans la poche, la programmation de tous les prochains événements Techno, des interviews d’artistes comme Laurent Garnier ou Kevin Saunderson, alors méconnus du grand public, la lecture du Fanzine eDEN nous replonge tout droit dans les années 90, avec l’arrivée de la House en France et l’organisation des premières raves. Allez, c’est parti pour un petit retour sur ce Fanzine mythique !

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Nous sommes en 1992, un temps ou Radio FG invitait Underground Resistance et  donnait les infos sur les prochaines Free party (désormais le Starter FG avec Hakimakli a pris la relève !). La House commence lentement à s’installer en France, tout droit venue de Chicago dans le but nous faire gentiment transpirer. Les premiers DJs se font connaître et sortent leurs disques. Un Fanzine, eDen, se propose de tout regrouper et publier des articles sur la vie musicale et nocturne de la House française.

eDEN 1 : Un groove une nation

Premier numéro, 10 francs et vous repartiez avec les meilleures playlists du moment, des tribunes de fan de Techno et toutes les infos sur les prochaines soirées à ne pas manquer ! Soundcloud et Resident Advisor étant difficiles à trouver sur le Minitel c’était plutôt pratique. Pour se mettre dans le bain voici l’édito de cette première édition.

COMMENT ? Un fanzine sur cette putain de zique de merde ! Vous vous foutez de la gueule du monde ? Non, chers lecteurs, on vous méprise. Fidèles de la House, émigrez ou restez dans un placard, la France n’est pas tendre avec ce qu’elle ne comprend pas. Six ans que la House prit naissance, six ans de mépris, six ans que certains prédisent sa fin… La House n’est pas l’émanation d’une disco queen défoncée mais bien l’expression d’une génération d’individus se reconnaissant dans le rythme, les fêtes, la danse et la fusion des genres.

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Une génération en voie de frustration si la police et les tenanciers de boîtes et de salles se liguent pour briser notre élan. Entre les prix exorbitants des locations de salle, l’archaïsme des boîtes et le décervelage Techno des raves, les gens qui apprécient la House dans son ensemble n’ont qu’à rester chez eux. Non, on veut sortir des sentiers battus et on finira bien par y arriver !

Qu’y a-t-il à comprendre dans notre démarche ? Rien d’autre que l’envie de vous stimuler et de vous envoyer au septième ciel. eDEN souhaite devenir le reflet des différentes sensibilités et également un regard sur l’actualité de la scène House en France, qui manque d’objectivité et de moyens d’information. Ce journal est à la disposition de toute personne appréciant la House, nous attendons proposition et critique.
On vous cause, profitez-en ! 

Et niveau musique ça donnait quoi ? Pour se mettre dans l’ambiance, on peut s’écouter Can You Feel It de Chez Damier, sorti en 92 sur le label KMS, et également dans la playlist de ce premier numéro.

Last but not least

eDEN prend petit à petit sa place dans le milieu. Labels, musiciens et journalistes soutiennent le Fanzine qui se permet d’inviter des DJs célèbres dans le milieu. Pour sa deuxième édition, Laurent Garnier et Derrick May sont interviewés, puis suivent Kevin Saunderson, Lil Louis… Le Fanzine ne privilégie pas de styles musicaux en particulier, critique comme encense tout ce qu’il lui semble juste de l’être.

Pendant 2 ans et 7 numéros (un 8ème jamais édité), eDEN aura cherché à promouvoir de jeunes DJs talentueux, et défendu une scène musicale alors très critiquée par les médias et la population.

Pour son dernier numéro, les créateurs reviennent sur leur histoire et ce qu’est devenue la House selon eux : de la musique commerciale. eDEN 8 nous offre encore de beaux articles, avec une interview du tout jeune groupe les Daft Punk, une autre du créateur Juan Atkins, et une compilation de leurs morceaux préférés du moment.

Pour ceux qui veulent creuser et relire ces interviews uniques, tous les numéros d’eDEN se trouvent ici : http://christophemonier.free.fr/eDEN/Index.htm

Et maintenant, 20 plus tard, on continue d’écouter ceux qui étaient là à la première heure, qui ont su imposer et faire accepter ce style musical alors très critiqué. Remercions les ô dieux de la House !