On ne pouvait pas passer à côté, car c’était LA sortie cinéma la plus en attendue de la fin de l’année. Oui, on va vous parler de Rogue One, A Star Wars Story, le premier spin of de la saga culte avec laquelle beaucoup d’entre nous ont grandi. Le moins qu’on puisse dire c’est que le film vaut largement l’attente qu’il a suscité auprès des fans et des curieux. Rogue One, c’est l’histoire fabuleuse des hommes qui se battent pour servir un cause, sublimée par une réalisation impeccable. On vous dit tout dans ce bref review, garanti sans spoilers majeurs !

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…

Intégrer un nouvel objet filmique dans un univers déjà cloisonné par six films – on mettra de côté ici la nouvelle trilogie initiée l’an dernier par The Force Awakens – c’est très compliqué. Déjà, il est impératif de respecter la cohérence du matériel de base, tant sur le point de vue scénaristique, que narratif, et sensoriel (les visuels, la musiques, les sons…). Mais le respect doit également aller plus loin. Dans le cas des univers cinématographiques de saga, qui ont passionné autant de spectateurs sur notre Terre, le respect doit aussi aller à leur univers étendu : l’ensemble des histoires crées par et pour les fans, par le biais de supports différents de notre bonne vielle pellicule. Qui relève malheureusement aujourd’hui bien moins de la pellicule que de la carte SD, mais ça, c’est une autre histoire. C’est pour ça que, selon moi, Rogue One partait avec un handicap fort : faire office de doublon avec les histoires auxquelles une partie de son public aurait pu s’attacher, catalysant ainsi toute la haine autour du rachat de la franchise Star Wars par les studios Disney et leur rejet de l’univers « non-canon ». S’il l’on ajoute également les rumeurs de difficulté de productions auxquelles aurait été confronté le réalisateur, Gareth Edwards, on pouvait craindre le pire lorsqu’on se prétendait fan hardcore de la saga.

Un nouvel espoir

Et c’est là que le film réussit son plus important tour de force : créer une histoire en cohérence avec l’univers Star Wars en offrant aux fans un nouvel imaginaire riche, en respect avec la saga telle qu’elle à été originellement conçue par Georges Lucas. Une bénédiction pour tout fan qui se respecte et une bonne manière d’appréhender les six premier films pour les néophytes. On a aussi à faire à une véritable actualisation des enjeux développés dans la saga. Le développement des personnages principaux passe, certes, au second plan. Néanmoins c’est pour mieux nous prouver que la cause pour laquelle il se battent les surpasse. Ici on ne raconte pas l’histoire d’une famille, on raconte l’histoire d’une cause, d’un étincelle d’espoir dans l’obscurité du totalitarisme, thème particulièrement actuel dans notre monde d’aujourd’hui. Rogue One marque donc paradoxalement le véritable renouveau d’une saga auquel il est censé ne pas vraiment appartenir.

La force est avec moi, je fais corps avec la force

Penchons-nous d’un petit peu plus près sur l’écriture et notamment l’écriture des personnages. On l’a dit, si les « gentils » sont moins développés, peut être moins marquant qu’un Han Solo, un Yoda ou une Princesse Leïla, c’est parce qu’ils servent, avant tout, une cause qui les dépasse de très loin. Pour autant, tous les personnages ne partagent pas cette construction. C’est notamment le cas du méchant du film, le directeur Orson Krennic bien placé pour apparaître au Panthéon des méchants de Star Wars les plus convaincant. Il sert en effet ses propres intérêts avant de servir l’Empire et refuse son statut de fusible remplaçable. Il veut être plus et se heurte autant à l’autorité de Vador et du Grand Moff Tarkin qu’aux rebelles qu’il combat. Certains « gentils », s’ils sont parfois assez mal amenés ont tout de même droit à leur lot de scènes incroyables et de répliques instantanément culte. Je pense notamment à Baze et Chirrut, le mercenaire badass et sont ami le guerrier aveugle. Et que serait un bon Star Wars sans un bon droïde : K-2SO est drôle, touchant et profondément original ! Un grand bravo également à Mads Mikkelsen que j’aime toujours revoir dans des rôles profondément ambigües. J’aimerai également faire une mention tout à fait spéciale pour les très attendus caméos des héros la saga classique. Un Vador impérial intervenant dans des scènes incroyablement dantesque, sans jamais voler la vedette aux héros du film. Un Grand Moff Tarkin, absolument bluffant, en partie recrée en image de synthèse, qui se pose en véritable hommage à son acteur original, l’incroyable Peter Cushing. Un caméo final que je garderai secret et qui a mis sur les rotules toute la salle de cinéma, déclenchant immédiatement des applaudissements, chose que je n’avait pas vu au cinéma depuis Interstellar de Nolan il y a deux ans.

Ce n’est pas une Lune

Si on s’intéresse, un peu plus en détails à la réalisation de Gareth Edwards, le premier mot qui nous vient à l’esprit est évidemment « gigantisme ». La direction de la photographie est impeccable et nous remet à notre place de spectateur minuscule par rapport aux décors et aux vaisseaux, mais aussi par rapport à l’histoire qui est en train d’être jouée devant nos yeux. Les décors sont somptueux mais – petit point noir – la luminosité est très basse sur la première partie du film, ce qui pose un vrai problème quand les lunettes 3D viennent déjà assombrir le tout. Le gigantisme est également présent au travers d’une bande son de très bonne facture, malgré qu’elle ne soit pas de John Williams, qui reprend pourtant plus les thèmes classiques de Star Wars que la bande original de The Force Awakens. Pour terminer brèvement et vous laisser ainsi courir au cinéma, Rogue One n’est pas un film parfait, il souffre notamment d’une première partie un petit peu longue mais il vaut clairement le détour parce qu’il est profondément original dans le traitement de son sujet malgré sont statut assumé de blockbuster. Rogue One est une véritable tragédie, au sens théâtral du terme, un véritable spectacle, et pas seulement un film de science fiction un peu nostalgique, et, à l’image de sa scène finale, le vrai passage de témoin d’une génération de cinéastes à une autre.