(version française plus bas)


Cody Ellingham (IG/Twitter: @cbje_tokyo) is a writer, designer and photographer based in Tokyo. For three years he has wandered the streets of the Japanese capital with his camera, capturing the city’s secret spots. He shares a futuristic cyberpunk universe through his project DERIVE, based on his wandering around the illuminated avenues and backstreets of Tokyo.

Culture Creators met Cody in Ueno, in the heart of Old Tokyo.

CC: How did DERIVE start?

I actually had a design job here in Ueno. I left early each morning on the Ginza Subway. I traversed underneath the city, and when I finally arrived in Ueno it was like emerging from the darkness toward the light. It reminded me a lot of the film THX 1138, by George Lucas. In the final scene, the main character finally escapes this underground city and sees the sun.

« I traversed underneath the city, and when I finally arrived in Ueno it was like emerging from the darkness toward the light. »

When I finished my day it would be dark again. The only time I could really get out was at lunch time. Once you get away from Ueno station, there are a lot of side streets that have not really changed in about fifty years. After the Second World War, almost everything from Ueno to Oshiage (SKYTREE) was rebuilt, but the original grid structure was maintained. DERIVE started from this point. I began wandering the grid of the city.

Guy Debord looked for meaning wandering around Paris, I did the same with Tokyo.

I was inspired by The Society of the Spectacle. Debord and his friends were focused on understanding how urbanism reflected on art in Post-War Paris. I started drawing maps of Tokyo that did not look like any map in reality, but instead expressed how I felt about the city.

cody-profile

« Modern Tokyo is only the surface level, if you look carefully you can find places that are much older. »

Where I am from in New Zealand it is difficult to find a contrast between old and new. There are few older buildings, and there is not the same layers of history that Tokyo has. However Modern Tokyo is only the surface level, if you look carefully you can find many different levels of history. There are a lot of new buildings from the eighties and nineties, but also many from after the war, and every so often you find one that is much older.

tokyo-supermoon-cbje

CC: What inspired the cyberpunk style of your photography?

The work of William Gibson, especially Neuromancer, inspired a lot of the ideas for the cyberpunk aesthetic of DERIVE. Tokyo was the world’s first cyberpunk city. The old way met the rapid advance of technology and the internet in the eighties and nineties to create something never before seen. A lot of media from that era shares a similar inspiration, including Akira and Ghost in the Shell. I sometimes wonder, what would someone from 1984 think about Tokyo today?cyberworld1

CC: Tell us more about what you want to deliver with DERIVE?

DERIVE is about showing the layers of the world’s first cyberpunk city. It’s history: from the boom of modernity a hundred years ago, the meteoric economic rise in the 50’s, 60’s, and 70’s, to the ubiquitous technology and connectivity of today. All of these things have affected the city, and have also left a kind of shadow on the people who live here. As I have acquired new gear and shot more, I have also experimented with new styles and have started applying reflection effects and heavy editing to get closer to the cyberpunk aesthetic that I imagine. I want the final result to be as close as possible to how I feel about the city.

CC: What about your upcoming exhibition?

In mid-March 2017 I will be holding the first DERIVE exhibition in Tokyo. I will be showcasing never before seen images. Follow the DERIVE Facebook page for details.


VERSION FRANÇAISE

Cody Ellingham (IG/Twitter: @cbje_tokyo) est un auteur, designer et photographe basé à Tokyo. Depuis 3 ans, il parcourt les rues de la capitale nippone avec son appareil et immortalise les endroits emblématiques de la ville. Un univers cyberpunk et futuriste qu’il partage à travers son projet DERIVE, issu de son errance entre les grandes avenues illuminées et les arrière-cours de Tokyo.

Culture Creators a rencontré Cody à Ueno, dans le coeur du Vieux Tokyo.

CC: Comment DERIVE a-t-il commencé ?

Je travaillais dans un studio de design à Ueno. Tôt le matin, je traversais la ville en sous-terrain avec la ligne Ginza du métro, dans cette atmosphère sombre et lugubre. Quand j’arrivais à Ueno, c’était comme si j’émergeais de l’obscurité vers la lumière. Ça me faisait beaucoup penser au film de George Lucas, THX 1138. Dans la scène finale, le héros s’échappe enfin de cette ville souterraine et voit le soleil se lever pour la première fois.

« C’était comme si j’émergeais de l’obscurité vers la lumière. »

En temps normal, je finissais ma journée en fin de soirée, sans avoir vu la lumière du jour. Le seul moment où je pouvais vraiment sortir, c’était à la pause déjeuner. Une fois qu’on s’éloigne de la station de Ueno, on découvre beaucoup de petites rues où le temps semble s’être figé pendant des décennies. Après la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de vieux bâtiments ont été rénovés, de Ueno jusqu’à Oshiage (le quartier est de Tokyo, avec la fameuse SKYTREE), avec cet aménagement très quadrillé. C’est comme ça que le projet DERIVE a commencé.

Guy Debord cherchait un sens à son errance dans Paris, j’ai fait la même chose avec Tokyo.

J’ai été très inspiré par son livre La Société du Spectacle. Debord et ses amis se concentraient beaucoup sur la manière dont l’urbanisme pouvait influencer l’art. Tout ça est né dans le Paris d’après-guerre, dans les années cinquante.

J’étais très attiré par cet univers et c’est ce qui m’a poussé à dessiner mes propres cartes de Tokyo, qui ne ressemblaient pas vraiment à n’importe quelles cartes, mais surtout à ce que je ressentais par rapport à la ville.

cody-profile

« Le Tokyo Moderne n’est que la surface, avec un peu d’efforts on peut y trouver des endroits bien plus anciens »

D’où je viens, en Nouvelle-Zélande, il est beaucoup plus difficile de trouver un tel contraste entre l’ancien et le moderne. Il y a peu de vieux bâtiments et pas autant d’héritage historique que Tokyo.

Cependant le Tokyo Moderne n’est qu’une illusion de surface. On y trouve de nombreux bâtiments des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix mais aussi des plus anciens d’après-guerre. Avec un peu de chance on tombe parfois sur certains des années vingts ou trente.tokyo-supermoon-cbje

CC: Qu’est-ce qui a inspiré l’esthétique cyberpunk de ton style photographique ?

Le travail de William Gibson, particulièrement Neuromancer, m’a beaucoup inspiré pour l’esthétique cyberpunk de DERIVE. Tokyo était la première ville cyberpunk du monde. Le modèle traditionnel a vite rencontré les avancées technologiques et l’internet des années quatre-vingts et quatre-vingts-dix a créé quelque chose de jamais vu. Beaucoup d’oeuvres de l’époque partagent cette même inspiration, dont Akira et Ghost in the Shell. Je me demande parfois ce que quelqu’un de 1984 pourrait penser du Tokyo d’aujourd’hui ?
cyberworld1

CC: Quel message cherches-tu à délivrer à travers le projet DERIVE ?

DERIVE cherche à montrer les différents aspects de la première ville cyberpunk du monde. C’est d’histoire: depuis les avancées technologiques du début du siècle, le boom économique d’après-guerre jusqu’à la connectivité et mondialisation d’aujourd’hui. Toutes ces choses ont eu un effet sur la ville, qui a laissé une sorte d’ombre sur ses habitants.

Dernièrement, mon style de photo a évolué et j’ai pu davantage travailler sur l’esthétique cyberpunk que je voulais renvoyer, avec de nombreux effets de réflection. Je passe beaucoup de temps à retoucher mes photos. Je veux que le résultat final soit le plus proche possible de mon sentiment par rapport à la ville.

CC: Et en ce qui concerne ta prochaine exposition ?

D’ici mi-mars 2017, aura lieu la première exposition DERIVE à Tokyo. J’y exposerai des photos inédites. Suivez la page Facebook DERIVE pour plus de détails.