Autour de trois pintes et d’un coca zéro nous avons rencontré Davy Mourier, humoriste, auteur, dessinateur, réalisateur et acteur. Cet homme aux multiples facettes est aujourd’hui sur les planches du théâtre du Sentier des Halles en représentation pour un one man show geek et atypique, où l’interaction avec le public est au centre du spectacle, pour notre plus grand plaisir.

Culture Creators :  Bonjour Davy, étant donné que ton spectacle ne parle pas de ça, quelle est ta note préférée ?

Davy Mourier : Mi. Voilà. Au revoir merci ! (rires)

Culture Creators : Non plus sérieusement, pour avoir un peu regardé l’ensemble de ton travail, penses-tu qu’à ce jour Pokémon GO a révolutionné le monde ?

Davy Mourier : (Rires) Alors, oui, j’y ai cru à un moment, l’été 2016 était génial. N’étant pas très sportif et un grand fan de la saga Pokémon je me suis jeté sur le projet en tant que joueur. Le soir, comme la journée, on croisait des adeptes, comme nous, du jeu. On pouvait voir des sourires, on avait peur de personne, tout le monde jouait ensemble, c’était franchement agréable. Malheureusement, non, Pokémon GO n’a pas changé le monde, et il a par contre permis de trouver de l’amour chez les gens, chose difficile quand on est à Paris. Et je ne parle pas de partouze.

Culture Creators :  Ton spectacle parle beaucoup de ta vie de manière générale, les anecdotes sont-elles toutes vraies ?

Davy Mourier : Oui, sans exception. Alors bien sûr, certaines sont assez dingues donc on peut se poser la question. Mais oui, elles sont toutes tirées de ma vie, de mes expériences personnelles et celles avec mes amis.

Culture Creators : Tes anecdotes ont été choisies en fonction de quels critères ?

Davy Mourier : J’ai essayé de prendre mes anecdotes les plus drôles. Elles datent d’avant ma carrière, avant que je fasse de la télé, tout ça… Elles parlent surtout de mes débuts, je dirai même de mon enfance/adolescence. Les problèmes liés à des séances de dédicaces, avec des producteurs, sur le monde de la télé, tout le monde ne peut pas les comprendre. Alors que les problèmes avec les filles, le fait d’être un geek, l’envie de monter sur scène ou encore faire de la télé, ça, ça parle à tout le monde. En gros, mes anecdotes s’arrêtent là où ma carrière commence.

Culture Creators :  Lors de ton spectacle, tu parles de deux grands  groupes d’humoristes français, Les Inconnus et Les Nuls, as-tu d’autres références ?

Davy Mourier : Je dirais que j’ai découvert sur le tard Desproges. Ça ne se voit pas trop dans mon spectacle mais beaucoup plus dans mes bandes dessinées. Donc oui, Desproges, Coluche, Dupontel, ainsi que le collectif des Monty Python qui m’a clairement inspiré. Après c’est vrai que  pour ce qui est du spectacle vivant, je n’ai pas eu de modèle, j’ai commencé par l’improvisation, qui est par ailleurs un très bon exercice pour se former. Mais, j’admets que la scène c’est surtout une question d’adrénaline, d’amour du public. Je n’ai jamais pris de drogues, ni d’alcool. En fait, cette drogue qui m’a donné envie de monter sur scène, la scène c’est ma drogue.

Culture Creators :  Tu nous parlais, d’un petit côté dépressif tout à l’heure. L’humour cache-t-il un « toi » plus triste ?

Davy Mourier : Le clown triste, c’est la base. Tous les humoristes, artistes que j’ai connus, font ce métier parce qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ma psy m’a dit « si vous continuez d’être artiste comment voulez-vous être heureux ? ». Alors oui, il paraît que c’est la base. Si tu cherches de l’amour dans le public, de la reconnaissance et toute cette ferveur, ça veut dire qu’il manque quelque chose dans ta vie. Tous les artistes, cherchent ce même sentiment, d’une manière ou d’une autre, c’est un peu comme si tu baisais, quand t’es sur scène, et après tu te casses parce que tu ne peux pas demander à tout le monde de te rendre la pareille. Un plan cul régulier. (rires)

« Le clown triste, c’est la base. »

Culture Creators :  Tu as commencé avant Youtube, non ?

Davy Mourier : En 1999, les gens nous téléchargeaient, nous dé zippaient et nous lisaient en real media (format de quelques kilo-octets). On est monté jusqu’à 500 téléchargements. A l’époque c’était énorme ! Après, j’ai l’impression, parfois, d’être trop en avance. Par exemple NERDS quand ça a commencé à marcher sur internet on avait du 50 000 vues sur Youtube, en 2007, ce qui était seulement 4 années après le lancement de Youtube et c’était beaucoup. Après, on a commencé le Golden Show, on avait du 600 000 vues. Canal nous avait reçu, à l’époque, dans leurs bureaux. Maintenant il existe des Youtubeurs qui font du 5 millions de vues ! C’est impressionnant à quel point internet est exponentiel.

Culture Creators :  Ton avis sur cette explosion ?

Davy Mourier : Je ne la subis pas trop au final, avec mes potes (Monsieur Poulpe, François Descraques) on était là avant les autres, et j’ai l’impression de pas avoir le fruit de mes efforts. Mais, il existe certains virages digitaux que je n’ai pas pris consciemment, parce que je ne le voulais pas, comme toute cette politique maintenant de placement de produits au sein de vidéos d’humoristes.

Culture Creators : En fait, tu penses que c’est quoi le problème de YouTube à l’heure actuelle ?

Davy Mourier : Les jeunes d’aujourd’hui ils regardent la télé et se disent c’est de la merde. Le problème c’est que pour eux, la télé c’est devenu Youtube. Les Youtubeurs d’aujourd’hui postent, des vidéos lissées, produites, tous les mois, à la même heure. Mais les jeunes quand ils voient une vidéo un peu moins bien produite, avec un son ou une image de moins bonne qualité, ils vont dire « c’est nul ! ». Avant, c’était l’anarchie. Moi, je n’ai pas envie de me formater, même si ça m’a porté préjudice… Les gens me reprochent même ma spontanéité parfois. Du coup je me suis mis à Snapchat parce que les gens acceptent cette qualité « real life » et comprennent donc mieux mon travail à travers ce support.

Culture Creators : Du coup, t’as été geek avant l’heure, t’as vécu la montée en force de l’univers manga, Marvel, anime… Que penses-tu de cette pop culture actuelle, que tout le monde s’approprie ?

Davy Mourier : C’est bizarre, mais je trouve ça tellement logique. Star Wars c’était la vie, c’est la base de tout, on peut le qualifier de mythologie de notre génération. Les mecs qui étaient geek, comme moi, aux Etats-Unis, ils sont maintenant au pouvoir, et donc retransmettent ce qui les ont bercés pendant leur enfance. C’est la suite logique des choses.

« Les mecs qui étaient geek, comme moi, aux Etats-Unis, ils sont maintenant au pouvoir… »

Culture Creators : Ta référence sur Nintendo ?

Davy Mourier :  Zelda sans hésitation.

Culture Creators : Tu te sens plutôt Zelda ou Link ?

Davy Mourier : Ben personnellement, je joue Link. Je parlais de Zelda, la gamme du jeu. Tu ne me baiseras pas sur ça (rires).

Culture Creators : J’ai entendu dire que tu allais cette année encore à la Comic Con de Paris. Etant allé à celle de l’année dernière, comme toi, qu’en as-tu pensé ?

Davy Mourier : C’est cool, ce n’est pas encore très grand, mais honnêtement, j’ai dédicacé, fait deux trois conférences et voilà. Après les comics, c’est considéré comme un truc de vieux en France, quand un dessinateur américain arrive dans notre pays, ce n’est pas la cohue, les jeunes, eux, regardent les films.

Culture Creators : Ça fait combien de temps que t’es chauve ?

Davy Mourier : A 22 ans, quand j’ai tout rasé. Je n’aime pas le football, mais je t’avoue que quand tous les gars sur le terrain avaient le crâne rasé et que les filles ont commencé à se dire « pourquoi pas ! », j’ai remercié la coupe du monde 1998. (rires)

Culture Creators : On a entendu dire que tu participais régulièrement à l’émission d’Antoine sur Canal+, nos sources sont elles bonnes ?

Davy Mourier : Riad Sattouf était invité, et ils ont eu l’idée de faire un draw my life (en vrai « draw sa life »), Poulpe a donné mon nom à Canal+, ils m’ont contacté et j’ai dessiné la vie de Riad Sattouf en draw my life avec la voix off de Poulpe. Voilà. On a d’ailleurs un projet de BD, à l’heure actuelle, avec Poulpe.

Davy Mourier, merci ! Tu es actuellement en représentation au théâtre du Sentier des Halles tous les mardi à 20h. Vous pouvez prendre vos billets ici, vous verrez vous ne serez pas déçus !

On vous propose également d’aller jeter un coup d’œil à ses nouvelles BDs, Dieu n’aime pas papa, La Petite Mort(e) et Super Caca ici.

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