Cette semaine, on s’intéresse à des sujets très sérieux : la place de la virilité et de la violence dans nos sociétés modernes. Comme ça, ça peut paraitre un peu rébarbatif. Et si c’est illustré avec des marionnettes ? On se souvient d’ailleurs de certains films de marionnettes nous ayant marqués par leur maturité. Personnellement, je retiens le long-métrage Peter Jackson, les Feebles qui m’avais mis sur le cul tant le décalage entre son imagerie enfantine et ses propos vulgaires et adultes était important. Aller, c’est parti pour Manoman !

Manoman, film d’animation de Simon Cartwrigh, nous parle de Glen (pas notre Glen à nous hin), un personnage timide qui décide de retrouver sa virilité perdue en suivant des cours de « cri primal », une discipline somme toute assez sympathique consistant à hurler dans une salle close entre mecs. Mais, malheureusement, Glen ne parvient pas à s’exprimer, il se retient, jusqu’à finalement « évacuer » toute la violence emprisonnée en lui dans une cuvette de toilette, sous la forme d’un petit monstre particulièrement dégoutant. Poussé par cet être en totale opposition avec le concept de « société », et donc d’interdit, Glen finira par commettre l’irréparable : tuer.

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Je ne vais rien vous cacher, j’ai découvert ce court sur le site d’Arte. Quelque chose m’a particulièrement frappé en le regardant, puis en voyant la petite interview d’un psy par la chaîne sur le sujet : ce court dispose réellement d’une profondeur insoupçonnée au premier visionnage. Un peu comme une oeuvre d’art moderne dont on ne saurait ni le nom, ni qui la peinte, ni de quelle année, de quel contexte elle nous parvient.

Car oui, Manoman est une oeuvre qui s’inscrit dans son époque grâce à sa réflexion sur les pulsions des hommes. Pourquoi agit-on ainsi alors que l’on pourrait agir de mille façons différentes ? Quelle est la place du facteur sociétal dans nos choix ? Quelle est celle du masculin dans une société prônant de plus en plus l’égalité entre les genres ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce court nous fait nous poser des questions plutôt intéressantes. Je vous conseille donc de le mater de ce pas et également de checker les pistes de réflexion proposées par Arte sur la question, qui éclaireront probablement un peu plus votre lanterne.