De Jérôme Salle
Avec Lambet Wilson Pierre Niney, Audrey Tautou
Actuellement en salle

Mon dieu que ça fait du bien…

Depuis quelques mois, j’espérais de moins en moins tomber sur ce genre de film français grandiose, avec un casting de rêve et des images qu’on avait pas vu depuis le Grand Bleu, 28 an plus tôt. Et encore plus depuis que j’avais vu La Taularde (avec Sophie Marceau nue au bout de seulement deux minutes de film, un nouveau record) en avant-première…

Dans une industrie cinématographique française qui, à mon sens, peine de plus en plus à s’exporter à l’étranger et à produire des films diversifiés (ouai on en a vraiment marre de vos drames revus et rerevus et de vos comédies mi-familiales, mi-racistes, pleines de clichés, faites-nous un peu rêver bordel !), L’Odyssée apparaît comme un oasis de talent, prouvant que le cinéma français reste l’un des plus anciens cinéma du monde, qui a connu des réalisateurs, des acteurs et des techniciens d’exception.

L’Odyssée c’est ce film qui sort de nulle part, conçu par un homme dont je n’attendais pas grand chose, Jérôme Salle, qui avait notamment réalisé les deux adaptations de la bande dessinée Largo Winch au cinéma. Non pas que je n’avais pas apprécié sa tentative, un peu maladroite, de créer un nouveau James Bond à la française, mais là, le bougre a sacrément progressé !

Des images à couper le souffle, réalisées en prises de vue réelles, une bande son magistrale n’en faisant jamais trop, un rythme soutenu, mais qui sait s’adapter aux moments de contemplation et de calme que le réalisateur nous propose, sont autant de choses qui m’ont fait adorer ce film.

L’histoire que nous raconte ce long-métrage est tout aussi efficace. Pourtant, Jérôme Salle aurait pu la jouer facile pour conter la vie de cet incroyable bonhomme qu’était le Commandant Cousteau. Mais non ! Il préfère utiliser le point de vue de son fils, interprété par Pierre Niney. Un pari risqué mais original et très réussi ! On suit clairement l’évolution psychologique du commandant, pour aboutir sur une conclusion incroyable, une prise de conscience que l’on finit par partager avec le principal protagoniste du film.

Car oui, ce film est plus qu’une biographie, c’est un film qui témoigne de plusieurs époques et, qui plus est, un film véritablement engagé avec un fort message écologique, sans pour autant être accusateur ou moralisateur. Le constat final du long métrage est simple : nous vivons sur la Terre en tant qu’invité, voilà son état actuel, que pouvons-nous faire pour la préserver ?

Enfin ce message est porté à l’écran par des acteurs extrêmement convaincants, tout particulièrement Pierre Niney et Lambert Wilson, en Jacques-Yves Cousteau phénoménal. Seul petit bémol à mes yeux, la performance d’Audrey Tautou, que j’ai toujours un peu de mal à voir dans un rôle de poissonnière façon Nadine Morano, avec un accent parisien à couper au couteau. Autre point impressionnant, les maquillages d’une qualité exceptionnelle et pas cheap pour un sou.

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Pour résumer, et mis à part un plan mettant en scène une baleine qui paraît tout ce qu’il y a de plus numérique, L’Odyssée est un film magnifique à savourer en famille, entre amis ou avec n’importe quelle personne qui souhaite enfin revoir de bons films français d’aventure au cinéma.

Il y a quatre siècles et demi, Joachim du Bellay écrivait « Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage ». En sortant de ma petite salle de ciné, après la projection de l’Odyssée, j’avais conscience, au fond de moi d’avoir fait un beau voyage à travers le temps et le monde, notre monde.

Prenez une grande inspiration, et nagez jusqu’à votre cinéma, vous ne serez pas déçus du voyage !