Salut à tous, je m’appelle Thibault, j’ai 21 ans et je vis à Tokyo. Grand passionné de musique et de culture underground, je vous parlerai dans cette rubrique de l’Asie en général et de toutes mes dernières trouvailles culturelles.

Quand on pense au hip-hop et à la trap, difficile de passer à côté des grands noms de la scène US que sont Drake, Rae Sremmurd, Tyga, ILOVEMAKKONEN, The Weeknd, Wiz Khalifa et j’en passe…

Une hégémonie jusqu’alors indiscutable du Pays de l’Oncle Sam sur cette réinvention moderne du hip-hop marquée par des instrus de plus en plus élaborées et surtout un accueil toujours plus grandissant du public. Tout ça laisserait facilement penser que les américains ont la main mise sur les dernières tracks qui marchent.

Pourtant quand on vient à la scène asiatique et spécialement japonaise, coréenne et indonésienne surgit alors une poignée d’artistes underground qui vaut vraiment le détour. Ce sont KOHH (Japon) et Keith Ape (Corée du Sud) sur Underwater Squad entre autres mais sans oublier le petit dernier Rich Chigga (Indonésie) et toute la bande de 88rising à savoir Higher Brothers (Chine), Okasian et Bryan Cha$e (Corée du Sud) et j’en passe.

Depuis quelques mois les rappeurs US commencent à remarquer à quel point cette scène asiat’ représente un gros vivier de collabs qui pourrait faire les tracks de demain. Ne serait-ce que lorsqu’on les voit réagir à la dernière prod’ de Brian Imanuel aka Rich Chigga, 16 ans et déjà plus de 18 millions de vues sur Dat $tick.

On voit tout de suite ce que ces artistes en herbe ont dans le ventre, eux ayant appris l’anglais sur le tas et avec les clips de leurs rappeurs US sur YouTube. Et ce n’est que le début. Pour la plupart autodidactes et pas forcément sortis de la “street” c’est avec une certaine originalité qu’ils nous livrent des tracks bien uniques avec des instrus toutes plus lourdes les unes que les autres.

Mais alors quoi de différent avec la scène US ? D’abord l’omniprésence d’un style bien asiatique, avec des codes différents du “swag” bling bling puis aussi l’unité d’une scène qui fédère différents pays et cultures à travers un sentiment d’unité et de fierté. Des gamins ayant rien à faire de leurs journées si ce n’est qu’à produire des démos avec leurs potes entre deux soirées. Jusqu’à tomber sur la bonne et percer grâce à YouTube et à leur communauté de fans.

On est moins dans la revendication sociale (quoi que certaines lines de Rich Chigga mentionnent la situation un peu merdique à l’heure actuelle en Indonésie) mais plus dans la volonté de s’inspirer de ce que font les américains et surtout l’envie de s’amuser et de jouer des codes du hip-hop actuel en usant de références typiquement asiatiques (les masques, les nouilles, les raviolis… je vous laisse chercher).

Pourtant ces rappeurs viennent tous de milieux sociaux différents. Le Japon disposant d’un climat social à des années lumières de celui de l’Indonésie. Un genre de musique assez divertissant et surtout porteur d’un message riche qui vise à unir plutôt qu’à diviser, qu’à s’amuser plutôt qu’à s’entretuer.

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