Né dans les sixties, Soichi Terada est un artiste japonais extrêmement talentueux et sûrement l’un des visages phares de la scène deep house japonaise actuelle. Que ce soit au Berghain/Panorama Bar (Berlin) ou à Concrete (Paris), le cinquantenaire ne laisse plus indifférent.

Une popularité qui se saura faite attendre pendant des dizaines d’années et qui fait maintenant le bonheur de ses fans de la première heure.

Sur les traces de Soichi

Soichi Terada grandit à Tokyo et fait ses débuts dans la J-pop avec son groupe, Tax Flee. En 1989, il est diplômé en informatique et sa maîtrise de l’orgue électronique n’est plus à prouver. Vient le moment pour lui de fonder Far East Recordings. La même année il produit Sun Shower avec la chanteuse japonaise Nami Shimada. Larry Levan s’empare de la track, la remixe et le son devient alors un classique de Paradise Garage, l’un des plus grands clubs underground que NYC ait jamais connu.

Pendant les années 90, Soichi sort plusieurs albums et EPs aux styles très variés. Downtempo, house, techno, expérimental, Soichi ne se ferme plus de portes. Au même moment, il est approché par Nintendo pour la composition de soundtracks de jeux vidéos. À la manière de Koji Kondo. Il se fait remarquer avec la BO de Ape Escape et compose ainsi les 7 soundtracks de la saga.

Au début des années 2000, il fonde Omodaka avec Akiko Kanazawa et inévitablement délaisse un peu ses projets solo. Le groupe se consacre alors à des compositions électroniques assez expérimentales, teintées de 8-bit et de J-pop.

La révélation

Bien que Soichi soit reconnu par ses pairs en tant qu’excellent producteur de musique électronique, il reste longtemps un artiste méconnu du grand public. Ce n’est que début 2015, grâce à la compil/rétrospective Sounds from the Far East, sortie sur Rush Hour, que Soichi Terada renaît de ses cendres.

Vingt ans après ses heures de gloire en tant que producteur de house, Soichi Terada, désormais cinquante bougies, se retrouve à tourner avec Rush Hour dans toute l’Europe: Amsterdam, Londres, Berlin et Paris. C’est le revival.

Influences

Interviewé par Hard Life il y a quelques mois, Soichi revient sur ses influences et sa ville d’origine, Tokyo.

Soichi découvre la house avec ses premières soirées dans la mégalopole japonaise. Il y décrit une scène house assez dynamique et cite notamment Satoshi Tomiie et Yukihiro Fukutomi comme précurseurs.

Que ce soit la scène house de Detroit, Chicago, Londres ou New York, Soichi ne fait pas de sélection, il dit être influencé principalement par la méthode de sampling et de cutting de tous ces producteurs de l’époque.

C’est sûrement ce qui explique son style très éclectique en matière de house music, avec des tracks très deep au piano omniprésent ou d’autres beaucoup plus marquées par la house de Detroit avec un hi-hat donnant le rythme du début à la fin.

Parmi les amis de Soichi Terada on compte bon nombre de producteurs japonais qui méritent le coup d’oeil dont Shinichiro Yokota bien sûr, Takecha et Hiroshi Matsui.

La connexion entre New York et Tokyo en matière de house music débute à la fin des eighties avec le label King Street Sound mené par Hisa Ishioka à New York (un nom qui fait hommage au Paradise Garage, situé au 85th King Street, NYC) et BPM Records au Japon. Larry Levan aura également choisi le Japon pour son ultime tournée en 1992.

La Japanese Touch

Quand on demande à Soichi Terada pourquoi ses tracks house se sonnent pas comme la plupart des releases 90’s, il explique cela par le fait que les machines qu’il utilise sont principalement japonaises: AKAI S1000, 1100 et de nombreux samples venant de machines exclusivement nippones.

Depuis quelques temps on voit que la house japonaise est très en vogue, notamment en France. Jeremy UndergroundBrawther, Fulbert, Gunnter… Tous ces producteurs collectionnent religieusement les prods de Terada-san et en viennent même à sortir une compilation exclusive.

Brawther & Alixkun present Once Upon a Time in Japan

Un bel univers en somme.