Indiana Jones, ou Han Solo avec un chapeau de cowboy

 

Hello à toi, amoureux du cinéma d’aventure, de mystères archéologiques, de fouet et de nazis… oui non en fait… pas de nazi. Mais bienvenue à toi quand même, car aujourd’hui tu vas être servi puisqu’on va parler de l’archéologue le plus célèbre de l’histoire de la pop culture, j’ai nommé Lara Croft !

landscape_movies-tomb-raider-angelina-jolieAh ben non… Vous y avez cru, hein, bande de petits pervers que vous êtes ? Finalement on me signale dans mon oreillette que l’on va parler d’un archéologue bien plus connu encore ! Préparez votre vieux colt calibre 45, votre fouet et votre chapeau, voici venir Indiana Jones et le Temple Maudit !

Bien que tout le monde connaisse le film déjà par coeur, un petit pitch pour vos remémorer tout ça : Indiana Jones vient de se sortir d’une situation plus qu’inconfortable à Shanghai (comprenez ici un inconfort dû à un poison mortel et de méchants Chinois). Il rentre donc à la maison tranquillement, prenant soin d’emmener avec lui Demi-Lune, probablement un enfant qu’il a volé à une usine Nike, et une superbe danseuse répondant au doux nom de Willie… Bon avec un prénom comme ça, certainement un ancien lady-boy qui a eu recourt à la chirurgie. Malheureusement, son avion est saboté par d’autres méchants Chinois et s’écrase à proximité d’un petit village Indien. Vous savez, ce genre de village chelou dans lequel il y a toujours un vieux sénile qui parle en énigmes ? Et ça tombe bien qu’Indy soit là parce que le village a de sérieux problèmes ! Les habitants se sont faits voler leur pierre magique par une secte malfaisante, les Thugs (pour ceux qui se demandaient d’où venait le mot, vous avez trouvé) ! De là s’engage la plus sombre des aventures du professeur Jones. Allez hop petit BA pour vous donner envie de le revoir !

Car oui tout le monde connait Indiana Jones. C’est un des films les plus cultes des années 80 et il a laissé un héritage colossale à la Pop Culture : de Lara Croft, dont on parlait tout à l’heure à Nathan Drake en passant par des films comme la Momie ou Benjamin Gates et les livres de Dan Brown. Steven Spielberg a tout simplement réinventé le genre du film d’aventure en 1981 avec Les Aventuriers de l’Arche Perdue. Son héros, le professeur Jones s’est imposé comme un personnage incontournable des années 80-90 et on va essayer aujourd’hui de comprendre pourquoi.

D’abord, le personnage d’Indy est un mix de nombreux imaginaires des années 1930-1940. C’est d’abord l’image bien réelle de l’explorateur du début du XXe siècle comme ceux ayant participé à la Croisière Noire et la Croisière Jaune en Afrique et en Asie. Egalement, l’archéologue-star incarné notamment par Howard Carter et Lord Carnavon, les découvreurs du tombeau de Toutankamon, en 1922. Spielberg s’est aussi inspiré des récits pulp de la première moitié du XXe siècle pour créer le personnage de Jones. Un savant mélange entre mythe et réalité, comme un parallèle au récit des aventures dans lesquelles son personnage est embarqué.

indiana-jones-and-the-temple-of-doom

Jones c’est aussi une création de l’industrie cinématographique, non pas de par son statut de personnage, mais par l’élaboration de son caractère, et parce qu’il est le deuxième rôle d’un acteur qui restera dans les mémoires, aussi célèbre que son personnage, Harrison Ford.  Car Jones est autant Ford que Ford n’est Jones. Par de nombreuses mimiques, il rappelle les personnages que Ford avait pu jouer juste avant de prendre le chapeau de l’aventurier et notamment Paul Falfa, l’antagoniste d’American Graffiti et, surtout, Han Solo, le célèbre contrebandier de la galaxie très lointaine de Star Wars. Un rapprochement d’autant plus facile à faire que Spielberg en joue vraiment à l’écran avec des références directes à la carrière de Ford. Par exemple, la scène où Han Solo fonce sur une armée de stormtroopers dans l’épisode IV de la Guerre des Etoile et directement retranscrite à la fin du Temple Maudit, presque plan par plan.

Jones, c’est aussi un archétype un peu batârd, celui du héros, a priori solitaire, qui est pourtant très souvent aidé par quelques personnages secondaires qui servent avant tout de faire-valoirs. Ici, on peut citer Willie et bien sûr Demi-Lune, des personnages n’existant que pour mettre en avant Indy et n’ayant finalement que peu d’importance en tant que personnages eux-mêmes, bien qu’ils soient assez attachants au final.

indiana-jones-and-the-temple-of-doom-di

Mais à part cette référence, pourquoi as-tu choisi de nous parler du deuxième film de la saga et pas du premier, qui comportait déjà ces éléments caractérisant le personnage d’Indy ? La réponse tient en un mot : l’ambiance. Car oui, le Temple Maudit est mon film Indiana Jones préféré grâce à son ambiance si particulière. Plus travaillée, plus aboutie et plus sombre, l’ambiance fait ici office de principal atout pour le film. Un atout qui le place, encore aujourd’hui comme le boss final des films d’aventure. Cette ambiance est très propice au développement du principal protagoniste du film qui est mis en valeur et développé. D’ailleurs, le changement de titre entre les deux opus ne vous aura pas échappé. On passe de Les Aventuriers de l’Arche Perdue à Indiana Jones et le Temple Maudit, comme pour remettre le héros au centre du film, un exercice particulièrement courant dans les années 80-90, pendant lequel on assiste à un retour en force de l’individu, primant sur le groupe. C’est la fin d’une époque pour le cinéma, et le début d’une autre, celle du retour des blockbusters.

Car oui Indiana Jones et le Temple Maudit est l’un des nouveaux blockbusters américains, dans la droite lignée de son prédécesseur. Des films dans lesquels le ou les héros sont porteurs de valeurs qui supplantent de façon totale leur défauts. Si le professeur Jones avait peur des serpents dans le premier opus, on va jusqu’à faire de cette peur une blague dans le second, alors qu’elle aurait pu constituer, comme dans le premier film, un véritable défi à surpasser pour le protagoniste. Dans le Temple Maudit, Indy est fort, juste, libère les opprimés et surpasse même les forces occultes qui tentaient de prendre le contrôle de son corps. Des qualités qui n’auraient pas dénotées chez un superhéros Marvel.

A la fois enfant et bâtisseur de la Pop Culture ciné, Indiana Jones est un héros lumineux mis en valeur par l’ambiance rugueuse et sombre créer par Spielberg dans ses films. Un savant mélange qui n’est pas à l’abri des ratés… on se souvient tous du quatrième opus de la saga. Alors autant profiter des trois premiers, un dimanche après-midi, dans son salon avec un feu dans la cheminé et une grande tasse de chocolat chaud. Oui je sais je ne suis pas un aventurier.